Tout le monde connait ce film, avec un échange de bébé à la maternité. Bien entendu vous pensez qu’il s’agit d’une pure fiction…
Et pourtant pas tant que cela ! Tout commence le 4 juillet 1994 à la maternité de Cannes où nait une fille qui fait une banale jaunisse. Rien de bien méchant, une petite semaine de soin avec des ultra violets et tout redevient dans l’ordre. Oui, tout enfin presque… La maman, Sophie SERRANO, peut récupérer sa fille au bout d’une semaine. Elle est alors un peu surprise que sa fille ait plus de cheveux qu’il y a une semaine. Les infirmières lui affirme que c’est normal et que c’est dû au traitement qu’elle a eu.
L’enfant grandit, et prend au fil du temps une peau mate : les ascendants familiaux, pense la mère, qui est d’origine espagnole. Puis elle a deux enfants supplémentaires. Quelques années plus tard, comme malheureusement dans beaucoup de couples survient le conflit conjugal : les parents se séparent. Le compagnon, a un fort doute sur sa paternité, obtient du juge aux affaires familiales un test ADN. Le résultat de l’expertise est sans appel le père n’est pas le père biologique de la fille… Mais plus surprenant la mère ne l’est pas non plus… « Impossible, cette fille que j’ai élevé comme ma fille, que j’ai aimé n’est pas ma fille, elle qui me ressemble tant ».
La mère porte plainte à la gendarmerie et la vérité est vite élucidée. Il y a 14 ans, une autre petite fille dans la même maternité a eu besoin de soins au même moment. Et ce sont les infirmières qui ont fait une erreur sur l’identité des bébés…
Il s’ensuit une rencontre étrange mais « merveilleuse » entre Sophie et les autres parents et sa fille « biologique » qui habitent non loin de là . Mais la réalité est vite arrivée : les différences aussi bien au niveau culturel, social, éducatif… Depuis elle n’a jamais revu sa fille biologique.
Sophie compte bien agir en justice.
D’abord en responsabilité contre la maternité. La maternité a depuis changé de propriétaire. Il faut agir contre l’assureur de l’époque, ou celui de la maternité actuelle. Pour mettre en cause la responsabilité de la clinique, la mère « non-mère » doit prouver la faute de la clinique. Mais quand il y a substitution, échange de nourrisson la faute n’est pas difficile à prouver. Mais si la mère hésite à agir, la fillle pourra le faire dès ses 18 ans.
Enfin, la filiation n’est pas difficile à démontrer : un simple test ADN peut permettre de prouver de façon incontestable l’échange de bébé. Et il pourra en suivre un échange d’identité… Oui mais voila, cela fait 14 ans maintenant, les lien mère fille, les liens de filiation ont été plus fort que les liens de sang. Sur ce point il y a un vide juridique… ou plutôt l’amour maternel a été plus fort que la justice…
Je tire mon chapeau à cette Sophie SERANO qui a rendu public cette histoire le week-end dernier, et je leur souhaite que leur relation mère / fille s’épanouisse encore plus.
